On va parler aujourd'hui d'un gros morceau du catalogue de la Wii U : Xenoblade Chronicles X paru en décembre dernier en Europe et sur le continent américain. Un jeu immense développé par Monolith Soft. Le jeu possède un gameplay profond mais n'est malheureusement pas exempt de défauts. Nous connaissons le travail de Monolith Soft au travers de la série des Xeno mais aussi des fabuleux Baiten Kaitos parus sur Gamecube. Les présentations sont faites, plongeons dans le monde de Mira.

Bienvenue sur Mira

La Terre est prise dans un conflit intersidéral et se retrouve prise au piège entre deux civilisations aliens. Pour assurer leur survie, les humains construisent d'immenses arches pour quitter notre belle planète et trouver refuge sur un nouveau monde. Alors que la plupart de ces vaisseaux sont détruits, la Grande Blanche passe au travers des mailles du filet et parvient à s'enfuir. Aux abords d'une planète plutôt accueillante, les humains seront pris en embuscade par un ennemi inconnu et malgré un intense combat, la Grande Blanche sera détruite et s'échouera sur Mira. Six mois plus tard, Elma vous extirpe de votre capsule de survie, vous donne un fusil et couteau et vous voilà plonger dans l'aventure.

Après quelques combats instructifs, il est temps de rejoindre le nouveau bastion humain : New Los Angeles : la zone résidentielle de la Grande Blanche qui a miraculeusement survécu au crash. Vous êtes bien accueilli et intégré au BLADE après quelques péripéties. Cet organisation correspond à une force militaire, agissant pour la sécurité de la race humaine. Le BLADE se décline en plusieurs divisions qui ont chacune un rôle spécifique. Après avoir choisi votre classe et votre division, l'aventure commence vraiment. Ne souhaitant pas vous spoiler, je m'arrêterez ici pour l'histoire. De toute manière, le scénario n'est pas le principal intérêt de ce Xenoblade Chronicles X.

Plein les mirettes

Avant d'aborder l'aspect techniques du jeu, je tiens à préciser que le soft pousse fort la console de Nintendo sur bien des aspects. Parce que faire tourner un monde aussi grand et aussi rempli sans chargement entre les zones relève presque du miracle. Même si un pack téléchargeable de textures améliore les performances in-game, l'aspect technique pur en prend quand même un coup.

Aliasing et poping à outrance en tête. Dans les premières secondes de jeu, il fait sombre et il pleut, ce n'est pas vraiment joli mais attendez un peu et atteignez le premier panorama et votre première claque. Oui, parce que des vues comme ça, le jeu en est blindé. Et là, par magie, cela devient beau. La profondeur de champ généreuse vous fera découvrir des paysages incroyables. La capacité de la console ne permet pas hélas d'animer des créatures aussi lointaines mais on salut la performance. Tout ce que vous voyez, vous pouvez l'atteindre, et il y aura des créatures, hostiles ou non.

La direction artistique vous fera briller les yeux dès lors que vous vous trouvez en extérieur et la magie opérera beaucoup moins en ville ou dans les quelques intérieurs visitables. Une inégalité donc que je pardonne bien volontiers puisque l'on passe clairement plus de temps à explorer Mira. D'un point de vue plus général, je me suis dit à plusieurs reprises « Tiens, on se croirait vraiment dans un anime ». D'autant plus lorsque l'on croise pour la première fois les armures de combat mobile, alias SKELLS, tout droit sortis d'un Robotech. Le chara-design est dans le même ton et les créatures qui s'opposeront à vous auront des formes et des dimensions improbables, comme seuls les japonais savent faire. Le tout dans une cohérence et une magie captivante.

L'ensemble est plus que convainquant à la condition de ne pas être hostile aux univers japonais.

Jeu de Rôle ?

Présenté comme tel dans la plupart des médias, le limiter au JRPG ne serait pas lui faire honneur. Xenoblade Chronicles X est bien plus que cela. Nous avons ici un jeu d'exploration dans un monde ouvert. Vous pouvez atteindre absolument tout ce que vous verrez dès le début du jeu. Vos seuls obstacles seront les créatures hostiles au niveau bien plus élevé que le votre et quelques endroits haut-perchés qui nécessiteront un véhicule. Le tout est accompagné du système FrontierNav embarqué dans votre gamepad. C'est un système astucieux qui vous poussera à l'exploration et vous récompensera par des crédits et du minerarium, indispensables dans la seconde partie du jeu. L'exploration est au cœur de Xenoblade Chronicles X puisque qu'elle se posera en condition pour progresser dans l'histoire principale. Par exemple, on vous demandera d'explorer 30% d'un continent pour avoir accès au chapitre suivant.

Les continents sont au nombre de cinq et vous dépayseront totalement. Vous commencez sur Primordia, vaste plaine tortueuse avec ses lacs, ses grottes et son herbe à perte de vue. Ensuite vient Noctilum, une jungle d'arbres démesurés qui s'ouvre ensuite sur ce qui m'a fait penser à Namek (pour les amateurs de BDZ) avec ses falaises et ses étendues d'eau. Oblivia est un désert aride traversé par une large rivière ; on y découvre des vestiges d'une antique civilisation. Enfin Sylvalum, une sorte de gigantesque cratère de glace, je l'interprète ainsi, avec son immense lac peu profond et ses hauteurs. Cauldros clore votre exploration en vous dévoilant une région volcanique et le bastion de votre principal adversaire durant le jeu. Chacune de ses régions vous offrent des panorama à couper le souffle où il est impossible de ne pas marquer une halte pour contempler le paysage. D'autant plus que les effets météorologiques et le cycle jour / nuit viendront nuancer le tout. Dans ce jeu, nous explorons un monde incroyablement bien construit, cohérent et surtout vivant.

Au gré de vos pérégrinations vous tomberez sur de nombreuses créatures hostiles ou non, sauvages ou non. Pour vous en défaire, le combat sera souvent l'option la plus pertinente. Et là, sérieusement, le système de combat possède une vraie profondeur qui peut paraître déroutante dans les premières heures de jeu. Cet aspect est vraiment ingénieux car il associe stratégie, dynamisme et préparation à proportions égales. Le choix de votre équipement, de vos déplacements, de vos cycles dans l'utilisation des compétences seront aussi déterminants que votre réactivité en combat. Vous ne contrôlez que votre avatar au sein d'une équipe de quatre personnages. Vos trois compagnons seront dirigés par une IA plutôt bien dosée mais parfois maladroite. Le dynamisme des combats est dû à l'utilisation des Arts (compétences actives) et aux cris de guerre. Ces cris se déclenchent sous certaines conditions comme l'initiative du combat ou la destruction d'un appendice de l'adversaire. Le joueur aura une action contextuelle à réaliser : appuyer sur B à temps ou répondre aux cris de vos alliés par un Art de la bonne couleur. Même si cela peut sembler confus en lisant ces lignes, on comprend très rapidement son fonctionnement en jeu puisqu'il s'agit là de la première source de soin en combat.

Enfin, vos personnages auront une fiche complète avec de nombreuses stats qu'il convient de ne pas négliger. Pour cela, l'équipement sera la clé, comme dans la plupart des RPG actuels et passés. Certains affrontement contre des boss ou des créatures spécifiques (les Tyrants et ennemis du monde) demanderont un minimum de préparation en favorisant un type de dégâts et de résistances.

Je ne rentrerai pas dans le détail de la fiche des personnages, très nombreux, et je synthétiserai en disant que l'ensemble est ultra riche et demande un peu de réflexion pour équilibrer vos équipes, ce qui est bienvenu.

Je ferai un dernier point sur l'inventaire, un peu chaotique, qui prend tous les jeux actuels à contre-pied. Alors qu'aujourd'hui les solutions de sacs à dos et de coffres restrictifs imposent un tri incessant de vos objets, ici c'est tout le contraire. Vous pouvez transporter 999 pièces d'équipement et 99 exemplaires de chaque objets récupérables. Une fois ces limites atteintes, l'objet amassé sera directement vendu et vous en obtiendrez les bénéfices. Le seul problème, et vous l'avez compris, sera de s'y retrouver dans tout ce bazar surtout que l'on ignore à quoi sert tous ces objets. Ne les vendez pas, ne les détruisez pas : ils peuvent servir à accomplir de petites missions et à crafter ou améliorer vos équipements.

Et l'histoire dans tout ça ?

Vous avez raison on parle de combat, de stats et d'exploration mais cela ne suffit pas à la définition d'un jeu de rôle. Tout bon RPG se targue d'une histoire bien ficelée et de la narration qui la valoriserait. Et bien, ici, nous avons un bon RPG avec une histoire qui se laisse porter sans grande surprise et sans grande implication. Le fond du sujet soulève bien quelques questions d'ordre moral mais c'est tout. Une petite déception de ce côté car le tout est emballé par des personnages clichés sans réelle profondeur. Le votre, d'ailleurs, n'a aucun relief par exemple. On comprend très vite que le personnage principal est Elma doublée de Lin. Vous n'avez aucune histoire propre, rien à découvrir sur vous puisque votre personnage est amnésique. Bien pratique.

Nous avons ici un parti pris bien étrange. J'ai l'impression que Monolith Soft souhaite que le joueur construise sa propre histoire et que ses décisions implique sa propre personnalité . Ne nous leurrons pas, c'est déjà le cas dans la plupart des jeux mais disons que Xenoblade Chronicles X ne s'embarrasse pas d'un filtre apposé par le personnage que vous contrôlez. Vous prendrez bien évidemment des décisions au court de votre partie qui auront des influences. En fait, il y a un drôle de paradoxe, je m'explique.

Durant la partie, le jeu vous place dans un individu lambda au sein d'une équipe très réputée. Votre chef, Elma, côtoie même le gouvernement de NLA (New Los Angeles) et a son mot à dire dans les décisions prises pour la survie de l'humanité. Une figure importante donc. Vous évoluez en permanence à ses côtés au point de n'avoir le sentiment que d'être un agent du BLADE parmi tant d'autres à simplement faire votre boulot. Comme les autres. J'ai eu ce sentiment de ne pas être le héros ni le décisionnaire la majorité de l'aventure. Alors quand on m'interrogeait sur ce qu'il fallait faire, je trouvais cela étrange et je me disais « Hé les mecs, c'est pas moi le chef, je suis là, je vous suis ». De même qu'en combat vous donnerez les ordres alors qu'on sait bien que c'est Elma la chef. Ce paradoxe gâche un peu la narration déjà pas très folichonne.

Aux côtés de l'histoire principale, fort heureusement, il y a une multitude de petites histoires à découvrir aux travers des missions d'entente et des missions sociales. Dans le premier cas, vous ferez davantage connaissance avec l'un des personnages jouables, apprenant son histoire et ses souffrances. C'est réellement plaisant d'autant que le casting de personnages pouvant vous accompagner est impressionnant. La version européenne embarque les DLC japonais et nous offre donc quatre personnages supplémentaires.

Les missions sociales, elles, vous rapprocheront de la population de NLA et débouchera parfois sur des intrigues loufoques et complètement inattendues. La vraie richesse de ces missions est d'appuyer sur la crédibilité du monde proposé par le jeu. Vous vous rendrez vite compte que tous ne sont pas animés de bonnes intentions et que la fin d'une histoire peut être tragique.

Alors même si l'histoire principale pêche un peu, tout ce qui gravite autour renforce pleinement le sentiment d'un monde vivant et cosmopolite. La sensation finale est que lorsqu'on se balade dans NLA on se dit que tel personnage a perdu son fils au combat ou que cet autre est détestable. Aux travers de ces missions donc, on apprend à connaître NLA et ses habitants, l'exercice est fabuleusement réussi.

Et les robots alors ? Ils sont où ?

Les armures de combat mobile, SKELLS, ont largement été dévoilés lors de la communication autour du jeu et on les rencontre d'ailleurs assez rapidement. Ils représentent un aspect important du jeu mais arrivent bien tard. Ils marquent en effet un tournant dans le jeu et lorsque vous débloquerez le module de vol, vous serez transporté dans une autre dimension du jeu, une autre échelle. C'est vraiment impressionnant. Pour faire simple, il y a une partie sans SKELL et la partie finale avec SKELLS. Et si vous ne saviez pas à quoi pouvez servir vos crédits en jeu... attendez d'acheter votre premier mécha.

Vos robots vous permettront de vous déplacer plus vite et surtout n'importe où. Ils vous permettront aussi de combattre sur terre, sur la mer et dans les airs. Vous vous attaquerez à des créatures bien trop imposantes pour les affronter au sol et par ce biais le jeu prend une toute autre tournure. C'est merveilleux mais ce n'est pas gratuit.

Les SKELLS coûtent déjà très cher à l'achat et autant pour les équiper. Ils se déclinent en plusieurs versions que vous pourrez personnaliser. Leur fonctionnement au combat est similaire à celui que vous connaissez sauf que vous n'équipez pas vos Arts de la même manière. En effet, vos Arts en SKELLS vous seront octroyés par un équipement spécifique sur votre mécha. Par exemple, si vous optez pour un Art qui balance une salve de roquettes, vous aurez une batteries de missiles sur l'épaule de votre robot. Ce sont donc des appendices qui peuvent être détruits comme ceux de vos adversaires. Si l'appendice est détruit, la compétence liée ne peut plus être utilisée.

Ces SKELLS coûtent cher, je l'ai dit plutôt, mais pas seulement à l'achat, à l'utilisation aussi. En effet, vous aurez besoin de carburant pour combattre et voler. Plus votre SKELL est lourd plus il consommera de carburant en vol et plus il sera léger moins sa réserve sera importante. Cette histoire de carburant ne paie pas de mine mais vous apprendrez vite à descendre de vos robots pour affronter les plus petites créatures. Et oui, le carburant vous posera parfois ses limites car il n'y a pas 36 façons de faire le plein. D'abord, en descendant de votre robot, il se rechargera automatiquement mais très lentement. Ensuite, vous pouvez sacrifier du minerarium pour remplir vos réservoirs.

Je n'ai pas encore parlé de cette ressource dont la gestion vous accompagnera tout le long du jeu. Vous ne pouvez l'extraire qu'à partir de FrontierNav, votre écran gamepad donc, en utilisant des sondes d'extractions. Jusque là, c'est assez simple. Ce minerai vous sera utile au développement de l'industrie militaire de NLA en vous permettant d'investir chez les fabricants d'armes. Plus vous investissez plus leurs équipements seront performants. Ayez conscience que ce sont des gouffres ces usines là. Vous en aurez aussi besoin pour accomplir certaines missions, faire le plein de vos SKELLS et crafter vos équipements. Cette ressource est donc à gérer avec parcimonie.

De plus, vous disposez de trois assurances pour votre machine. Elle peut être détruite trois fois et sera complètement remplacée par l'assurance, au-delà vous devrez soit payer les réparations ou racheter un nouveau mécha. Peu importe votre décision, cela videra vos caisses. Ces robots vous propulseront dans une autre échelle du jeu et l'exploration de Mira deviens plus passionnante encore. Votre SKELL étant au bas mot dix fois plus grand que vous, les perspectives du monde se dévoilant à vos pieds changent et nous embarquent dans une nouvelle aventure.

Ok, mais la musique ? Et tout ?

La musique et tout ? Oh ! Et bien... Pour commencer toutes les voix sont en anglais avec sous titrage français et le reste du jeu est en français. La traduction est de très bonne facture et rien ne m'a choqué de ce côté lors de ma partie.

Les musiques sont fabuleuses durant votre exploration. Après, il faut avoir conscience que c'est avant tout une histoire de goût, mais la modernité sonore proposée par les passages en ville ou durant les séances de vol ne m'ont pas du tout convaincu. En fait, elles m'ont même tapés sur le système.

Autant l'ambiance musicale nous emporte dans toutes les régions du jeu autant ces deux passages sont pour moi ratés. Il n'y a rien de vraiment catastrophique, je ne m'attendais pas à écouter du Cannibal Corpse ou du Slayer en parcourant les rues de NLA (d'ailleurs cela aurait eu aucun sens !) mais voilà une autre petite déception de ce côté là. Et c'est tout.

Quoi ? Oui, c'est tout. Posez vous dans un coin de Sylvalum et fermez les yeux et ouvrez vos oreilles. Non, en fait, ne fermez pas les yeux, admirez le paysage et laissez vous transporter par les mélodies gracieuses de la région. J'ai oublié de mentionner que les thèmes changent lors du passage jour / nuit, profitez-en, deux fois plus de spectacles ! Sauf en ville. Ahem.

Et le Multi-joueurs dans tout ça ?

A l'annonce de ces composantes multi, certains d'entre nous ont crié au scandale quand d'autre espérer une dimension MMO à Xenoblade Chronicles X. Et bien, ce n'est ni l'un ni l'autre. Et dans la solution proposée par Monolith Soft pourra ravir bon nombres d'entre nous. Mais enlevons le doute immédiatement, le jeu est bel et bien un jeu solo.

Il y a d'abord une interaction sociale qui passe par les rapports du BLADE disponibles à chaque instant via votre gamepad. Vous pouvez effectivement balancer un petit message pour spoiler, conseiller ou troller. En 2016, communiquer avec d'autres joueurs sans troll c'est franchement has-been hein. Ces rapports s'afficheront en bas à gauche de votre écran. Et dans la partie supérieure de l'écran s'afficheront les hauts faits des escouades et des joueurs connectés. Pas de panique, les rapports sont très facilement désactivables via un icône sur le gamepad et les hauts faits via le menu du jeu.

Ces interactions limitatives conviendront aux plus frileux sur le multijoueur, dont je fais partie. La seconde composante est asymétrique et coopérative. Vous pouvez par exemple recruter l'avatar d'un autre joueur pour l'intégrer à votre équipe. Il sera contrôlé par l'IA du jeu. Ces avatars sont souvent bien mieux équipés que les personnages que vous avez délaissé lors de votre progression et vous donneront donc accès à des classes que vous n'avez pas optimisé. Bien pratique. Vous pouvez aussi, au cours de votre aventure faire don de vos butins en récompense. Les joueurs pourront récupérer ce butin. J'ai trouvé l'idée vraiment sympa même si j'en ai très peu profité. En bas à droite de votre écran s'afficheront parfois des icônes plombés d'une limite de temps. Ce sont des objectifs d'escouades qui s'adressent à l'ensemble des joueurs connectés. Chacun de son côté, il appartient aux joueurs d'accomplir ces missions pour gagner collectivement une récompense. Ces objectifs peuvent aller à la collecte d'objet à la chasse d'ennemis spécifique et même de Tyrants. Pas de panique, les ennemis concernés auront un symbole au-dessus de leur tête, ce qui vous permettra facilement de les identifier.

Et enfin, pour les plus férus de multijoueur, nostalgique de longues nuits passées à crawler du donjon dans un MMO dont je tairai le nom, il reste un mode coopératif plus poussé. Disponible via une console dans vos baraquements, ce mode vous propose des missions à réaliser avec d'autres joueurs. Vous trouverez là des missions standards comme de la récolte ou des primes pour chasser de la créature ou du Tyrant. Vous pouvez occasionnellement affronter des Ennemis du Monde plutôt super coriaces et vraiment méchants en compagnie d'autres joueurs. Ces missions ont la particularité d'être limitée dans le temps et dans le nombre d'essais par rapport au solo. Sympathique donc mais rien de transcendant. Un scoring par divisions vient chapeauter l'ensemble, je n'y ai pas trouver d'intérêt particulier puisque l'on peut changer de division à n'importe quel moment.

 

Alors, oui ! Mais finalement... Qu'est ce qu'on fait dans le jeu précisément ?

Ah oui, effectivement, nous aurions même dû commencer par cela mais comme je fais ce que je veux parce que je suis le rédacteur, et ben j'en parle que maintenant, na !

De ce côté là, il y a de grosses inégalités également. Les douze chapitres de la mission principale ne vous occuperont pas très longtemps. Ces passages, plus ou moins marquants sont relativement courts. Atteindre les conditions pour accéder à ces chapitres vous prendra clairement plus de temps. On vous demandera par exemple de réaliser certaines missions d'entente, atteindre un certain niveau ou encore d'explorer un certain pourcentage de la carte. Il est souvent question d'affrontement avec des boss à la fin de ces chapitres. J'ai apprécié tout de même car ils sont scénarisés avec dialogues doublés ; ce qui nous plonge quand même un peu plus qu'un simple texte à lire.

Les missions d'entente permettent de renforcer les liens entre les personnages. Parce que oui, l'entente entre les personnages est importante dans ce jeu. Vous apprendrez ainsi à mieux les connaître et leur donner un peu de relief au passage. Parce que ces persos sont clichés et leurs histoires respectives sont plus ou moins captivantes. La jauge d'entente des personnages envers vous est symbolisée par des petits cœurs tout mignons. Ces quêtes ne seront pas le seul moyen d'augmenter l'affection qu'ils vous portent. Vous pouvez simplement jouer avec en accomplissant des missions, répondre à leurs cris de guerre et les bonnes réponses aux questions, les liens se tisseront. Vous aurez même à disposition un sociogramme pour vous y retrouver... et ce n'est pas de trop. Oui, encore un menu supplémentaire. A terme de ces missions, vous débloquerez la première fois un personnage jouable et ensuite des Arts spécifiques. Ces missions ne sont pas à négliger.

Ces activités vous donneront l'opportunité de réaliser des tête à tête avec certains persos pour en découvrir encore plus sur eux. Totalement optionnel, ces dialogues renforceront les reliefs du personnage concerné.

Et puis, il y a les missions basiques déclinées en plusieurs versions. Je vais vous en parler par ordre d'intérêt. D'abord les Missions sociales. La plupart du temps il s'agira de discuter avec tel PNJ, de ramasser trois œufs de poules ou acheter des pizzas. Vous aurez parfois quelques combats à assumer, rien de bien méchant. Ces missions en apparence peu passionnantes vous dévoileront le caractère des habitants de NLA et, par ce biais, rendent l'univers plus cohérent et plus cosmopolite. De plus ces missions sont scénarisées avec dialogues et tout le tremblement, ce qui ajoute du crédit à Xenoblade Chronicles X.

Il y a ensuite les primes qui vous demanderont d'éliminer un groupe d'ennemis ou un Tyrant. Les objectifs apparaissent sur la carte et il suffit de les suivre pour faire le sale boulot. Certaines de ces chasses seront à réaliser pour la division des Prospectors (une branche du BLADE) ou les fabricants d'armes. Vous devez vous équiper d'une arme spécifique et la tester sur des créatures. Rien de passionnant mais quand on ne sait pas quoi faire d'autre...

Parce que les missions suivantes concernent la collecte. Vous devez amasser un certains nombre d'objets sur des créatures, ce qui revient peu ou prou à la même chose que le paragraphe précédent, les indicateurs de terrain en moins. Et enfin, de la collecte d'objet symbolisé par des cristaux bleus que l'on trouve partout sur la surface de Mira. Et là, c'est le drame. Ces objets ne se trouvent que dans certaines zones dans une seule région et vous ne disposez d'aucune indication, sauf vos bons souvenirs. Au vue de la quantité astronomique de trucs que l'on peut amassé juste en se promenant, il est souvent bien compliqué de retrouver les spots d'un item en particulier... Surtout qu'ils sont générés aléatoirement en fonction de la zone visitée. Rien que ça, une vraie partie de plaisir. Blague à part, pour ces quêtes, je ne les acceptais que lorsque j'avais déjà les objets demandés dans mon inventaire, sinon je zappais directement.

Vous aurez parfois quelques missions qui sortent de l'ordinaire, elles sont assez rares mais toujours plaisante à réaliser. Et je terminerai sur ce point en disant que ces missions sont en très grand nombre. Vous aurez donc toujours un truc à faire, aussi stupide soit-il. Et vous en aurez besoin pour vous occuper entre deux chapitres. A titre indicatif, j'ai terminé le jeu (l'histoire principale) au bout de 100h de jeu avec environ 50% d'exploration. Pour atteindre les 100%, il faut compter en moyenne, dit-on, 300h de jeu. Quand même !

Bon, alors, il vaut quoi ce XenoBlade Chronicle X ?

Dans l'ensemble, c'est un excellent jeu, qu'on se le dise. Il serait dommage de se priver d'un monument pareil. Oui, il y a des choses agaçantes, je vais y venir. Simplement, le jeu s'adresse à tout monde et propose une expérience rare à la seule condition de ne pas être allergique au Made in Japan.

Au rayon des choses qui agacent, en tête le couple Lin / Tatsu. Lin est jeune fille de treize ans et Tatsu une créature autochtone qui joue la carte du kawaii à fond. Ce qui donne, très très régulièrement droit à des échanges d'une niaiserie sans fond dont les abîmes infinies côtoient sans vergogne avec les Candy, Princesse ché-pas-quoi et autres inventions exaspérantes. Oui, je vous livre mon avis archi tranché et j'en fais des caisses. Pourtant, ces lignes de dialogues ne m'ont pas gâché mon expérience de jeu. Au bout de deux échanges, la suite est complètement attendue et on finit par s'en amuser.

Ensuite viens les SKELLS et plus particulièrement le combat en SKELLS qui manque franchement de patate puisque le temps de recharge des Arts vacillent entre 30 et 60 secondes quand ce n'est pas davantage. Les attaques automatiques sont lentes également et je trouve cela vraiment ennuyeux par moment.... surtout quand tous les Arts sont en recharge ! Heureusement, deux astuces pour y remédier. D'abord la vue cockpit (dont les condition d'activation semblent aléatoires) qui réinitialisera tous vos temps de recharges et ensuite le mode Overdrive qui calque sont fonctionnement sur le Metamode. J'aurai vraiment aimé que les combat en SKELLS soient bien plus fastes. Mais soit, on apprend vite à composer avec.

En combat toujours, l'IA fait parfois preuve de maladresse. Bien que très satisfaisante la majorité du temps elle fait trois trucs qui peuvent occasionnellement énerver et vous faire crier, non hurler au boulet devant votre écran. Je parle de l'aggro. Parfois, on combat des créatures plutôt violentes et elles sont entourées par d'autres, pacifiques, qui ne vous attaqueront que si vous les agressez. Vos alliés disposeront d'attaques de zone et en useront sans faire le calcul que vous pourrez être submergé. Ces attaques passent aux travers des murs, notamment dans les bastions prones, et auront comme effet d'attaquer les ennemis de l'autre côté, qui vous attaqueront alors mais que vous ne pouvez pas voir. Et comme en combat il n'est pas possible d'ouvrir une porte je vous laisse imaginer l'enfer que cela peut devenir.

En SKELLS, si vous percutez une petite créature en vous déplaçant vous lui infligerez l'effet explusion qui l'enverra valdinguer. Les créatures pacifiques verront rouge et passeront à l'attaque. Je pense notamment aux blattas toutes petites et très nombreuses qui n'attaqueront pas vos SKELLS (mais vous oui si vous en descendez, oui les créatures ont des comportements différents suivant le moment de la journée et si vous êtes à bord de votre mécha ou non). Bref un coup de pied là-dedans et c'est un mode horde improvisé.

Pour en terminer avec le combat, je parlerai des Points de Tension (PT) sorte de barre de mana qui se remplit en attaquant. Certains Arts en requiert et ces compétences sont particulièrement efficaces. Seulement voilà, les PT servent aussi à activer le Metamode (le mode ultra énervé de vos avatars) et à réanimer les alliés tombés en combat. Vos camarades useront dès qu'ils pourront de leurs PT, à savoir, via les Arts. Ils ne pourront donc jamais activer leur Metamode (ils le font à votre demande normalement) ou même secourir ceux qui sont tombés (qu'ils font automatiquement). Le seul moyen est alors de ne pas les équiper d'Arts consommant des PT ce qui vous prive de puissance. C'est particulièrement mal pensé.

Je passerai rapidement sur les cascades de menus et sous menus parfois obscur qui sont compléter par des consoles in-game pour certaines interactions. Un vrai beau bordel comme on en fait plus. Le problème n'est pas cette abondance, le problème c'est que l'on vous jette tout à la figure dès le début du jeu avec très peu d'explication. Le mode d'emploi devient alors nécessaire pour bien tout comprendre. Ne cherchez pas la version papier qui n'existe pas mais je vous conseille franchement de lire la version PDF du mode d'emploi pour ne pas passer à côté de quelque chose. Ce n'est pas un mal en soi mais nous n'étions plus du tout habitués à cela ! Ceux qui ont fait le précédent opus s'y retrouveront rapidement, pour les autres (comme moi), un peu de lecture s'impose.

Je passerai également rapidement sur cette histoire d'entente entre personnage qui s'impose parfois en condition d'accès pour une quête, surtout quand cette condition concerne un personnage totalement délaissé. Non seulement vous vous coltinerez un allié beaucoup trop faible mais en plus qu'est ce que c'est long de farmer l'entente avec ce personnage. Un conseil : jouer un peu avec Gwen, histoire d'avoir le premier cœur, vous me remercierez à la fin du jeu.

Par contre, je ferai l'impasse sur la gestion de l'équipe. Alors, vous devez savoir que pour recruter un personnage, vous devez aller à son spot en ville, lui parler et l'intégrer dans votre équipe. Quand vous décidez de le renvoyer, il retourne directement à son spot. Tout cela est logique, mais tous les spots ne sont pas au même endroits en ville et comme tout est grand dans ce jeu, ben il faut courir un peu pour trouver le personnage que vous rechercherez. Logique mais pas pratique. Et puis, surtout, pourquoi avoir fait une équipe de quatre sérieusement ? La plupart du temps, la présence d'Elma et de Lin sont imposées, il ne vous restera donc qu'un slot de disponible. Quand le jeu ne vous limite pas à trois personnages ou ne vous imposera pas le quatrième vous jouerez avec celui que vous voudrez.  Vraiment, je me suis demandé régulièrement pourquoi nous faire croire que l'on peut monter son équipe alors qu'en fait le jeu nous l'impose 80% du temps ? Bon, cela ne devient plus vrai dans le end game mais bon quand même. Limiter l'équipe à trois personnages + guests n'aurait pas eu moins de sens. Bref, je m'égare.

Et sinon, la conclusion ? Non, parce que t'as écris un pavé là !

Ma conclusion est simple. Malgré ses défauts et son inégalité de qualité dans le contenu proposé, Xenoblade Chronicles X est un monument de la Wii U à ne rater sous aucun prétexte. Je lui appose le coup de tampon Must-Have sans problème parce que soyez sûr d'une chose : si le jeu peut vous énerver par moment sur les choses citées plus haut, c'est simplement parce qu'il est riche, complexe et profond dans son gameplay. Par les temps qui courent, ces qualités se font plutôt rares et il serait vraiment dommage de passer à côté.

Pour pousser le bouchon, je dirai même qu'il justifie à lui seul l'achat de la bécane pour les amateurs de J-RPG. D'autant plus qu'il propose un jeu immense et une durée de vie colossale dans un univers particulièrement bien construit et enchanteur.

[NDJoPe] Un grand merci à Mess pour sa superbe plume et pour sa proposition spontanée de partager cette critique !