Premier papier d'Emilie (@melaskia), qui rejoint l'équipe Tuyatrojouey pour nous couvrir l'actualité VR, en particulier le HTC Vive, niveau matériel, et les sorties logiciels, mais pas que, comme elle vous le prouve avec ce live-report d'un concert... pas comme les autres, accompagné d'une petite galerie photo du Live et du casque !


Bon voilà, c’est fait. J’ai finalement été à un concert d’Hatsune Miku à San Francisco. Je n’ai pas honte de le dire : c’était absolument génial. (Pour ceux qui ne savent pas ce que c'est, c'est la première Virtual Idole, une Pop Star Japonaise virtuelle, créée en image de synthèse pour le look, et basé sur le projet Vocaloïds de Yamaha, des voix de synthèse aux timbres et personnalités réalistes)

Mettons de côté les rengaines habituelles que beaucoup de gens auront sur ce genre de concert : un simulacre de concert avec une chanteuse qui n’est qu’un rendu 3D d’une idole virtuelle, très « kawaii » avec une voix synthétique et fausse (technologie vocaloid). Sincèrement, au final, ça n’importe peu. Je suis allée voir un concert et je n’ai pas été déçue par le spectacle.

Le concert était impressionnant avec plusieurs chanteurs, qui tournent avec Hatsune Miku. Celui-ci a commencé de manière très traditionnelle avec « The world is mine », probablement la chanson la plus connue. C’est aussi la première fois que l’on voit la technologie utilisée en action et le résultat est tout bonnement époustouflant : on voit réellement les chanteurs se trémousser sur scène avec leurs chorégraphies bien connues du public.
La technologie semble être basée sur un rendu 120Hz avec un écran translucide (On voit clairement le décor par derrière ainsi que les réflexions des glowsticks par devant). On peut apercevoir par derrière deux projecteurs. La sensation de fluidité est sans pareil. Si les personnages n’avaient été aussi évidemment des personnages d’anime rendu en 3D, il aurait été impossible à la distance d’où j’étais de les différencier de réelles personnes.
Le spectacle en lui-même est très classique avec un choix de chansons mélangeant de la traditionnel J-Pop a des chansons plus mélancoliques et plus lentes. Mais le clou du spectacle reste clairement quand deux chanteurs sont présents sur scène, avec des interactions entre les deux personnages. Le cas le plus flagrant reste de loin la chanson « Remote Control » avec Kagamine Rin et Ren. Il suffit de chercher sur Youtube pour voir de nombreuses vidéos.

J’ai brièvement mentionné les glowsticks et clairement sans leur présence, l’expérience n’aurait pas été la même. En tant que parfaite novice, j’ai récupéré à l’entrée un glowstick de couleur verte mais les fans plus expérimentés (c’est-à-dire les gros fans de service) n’apportaient non pas un glowstick, pouvant changer de couleur, mais deux. Et d’un seul coup, on se rend compte que ce n’est pas seulement sur la scène que le spectacle a lieu mais aussi dans l’audience. Une mer de lumières se met à apparaitre et à bouger avec une chorégraphie bien précise. Encore plus important, chaque chanson a le droit son propre code couleur en fonction du chanteur ou des chanteurs/chanteuses. Vi, certaines chansons avaient deux couleurs différentes, d’où l’importance d’en amener deux afin de pouvoir faire les deux couleurs soi-même. C’est tellement taré que j’en ai apprécié chaque moment.
Il faut noter que bien que les chanteurs/chanteuses sont « virtuels », le groupe est lui bien réel : malgré le côté techno de la musique, les sonorités ne l’étaient pas. Encore plus important à mes yeux, les musiciens ont été introduits pas moins de deux fois dont une fois avant que le spectacle en lui-même démarre. Il y a une réelle reconnaissance que le spectacle sans eux ne serait rien, ce qui est assez fantastique. Il faut aussi replacer dans le contexte ou les personnages apportent parfois leurs instruments sur scène mais c’est un ajout à l’orchestre qui joue.
En parlant de groupe, j’ai été agréablement surprise par celui qui a fait l’ouverture. Celui-ci n’était pas que là pour faire l’ouverture ; ils étaient une part intégrale du spectacle avec Hatsune Miku. Ils n’avaient pas moins de trois chansons à la fin avec celle-ci. Les Anamanaguchi sont tout à fait fantastiques (pour ceux qui aiment les chiptunes ).

En conclusion, je finis un petit retour sur mon ressenti. Il est clair que le spectacle est clairement virtuel avec des personnages hauts en couleur et clairement inspirée par l’imagerie Japonaise. Mais de manière incroyable, les lois de la physique s’appliquent aux personnages. La manière dont les cheveux bougent et interagissent avec le corps est tout bonnement incroyable. Les vêtements bougent comme on s’y attend. Bref, c’est un spectacle très clairement ancrée dans la réalité (à part peut-être l’apparition de l’ange !) mais on n’essaie pas de les faire passer comme réels (les séquences d’apparitions et de désapparitions sont très technologiques, pixellisation, ghosting, etc…). Même les chorégraphies des deux chanteuses montraient des signes subtils de décalage, non pas une approche copier-coller, que l’on serait en droit d’attendre d’une telle technologie.
Je pense que si quelqu’un aux USA ou en Europe essayait de faire un tel spectacle, on chercherait à reproduire de réelles personnes, à imiter la réalité. Cela résulterait à mes yeux en une performance nettement affaiblie.

Bref, je referai le prochain concert !

Vidéo Live de "The World Is Mine" : https://www.youtube.com/watch?v=jhl5afLEKdo

PS : la qualité des photos est pitoyable mais au final cela importe peu car cela donne une bonne idée.
PS : Pour ceux qui veulent découvrir le monde de Hatsune Miku, je ne peux que conseiller d’aller faire un tour sur Youtube. On trouve de tout entre les vidéos amateurs, les vidéos des concerts ou des jeux vidéo (Project DIVA de Sega). Pour ceux qui veulent être encore plus horrifies, je conseille de chercher MMD (Miku Miku Dance) et la technologie vocaloide qui sont toutes les deux disponible à tous les fans.